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Européennes: Gourault "convaincue" d'une meilleure participation avec le retour à une circonscription

Paris, 13 fév 2018 (AFP) - 18h28 heure de Paris - Jacqueline Gourault, ministre auprès du ministre de l'Intérieur, a défendu mardi à l'Assemblée le retour à une seule circonscription, nationale, pour les élections européennes, comme un moyen "d'intéresser" les Français à ce scrutin et de relancer la participation au printemps 2019.

"Nous sommes convaincus que ce mode de scrutin permettra d'intéresser davantage nos concitoyens à des élections qui sont de plus en plus décisives pour leur destin individuel, comme pour leur destin collectif", a souligné la ministre MoDem, lors de l'ouverture des débats sur le projet de loi, dont la principale disposition est le rétablissement d'une telle circonscription unique.

Elle a défendu un choix lié au fait que "le système ancien fondé sur huit circonscriptions interrégionales constitue un échec", notant que "depuis sa mise en oeuvre en 2003, le taux de participation est passé de 46,8% en 1999 à 42% en 2014".

La ministre a aussi mis en avant le fait qu'une circonscription unique "nous rapproche de nos partenaires", 23 États-membres de l'UE sur 27 étant dans ce cas de figure.

Elle a noté, à l'adresse des députés, qu'"au-delà des différences d'analyse et de positionnement politique" sur l'Europe, "nous sommes tous d'accord pour affirmer que la situation actuelle, où plus d'un Français sur deux ne se déplace pas aux scrutins européens (...) n'est pas satisfaisante". Cela "mine la légitimité des députés européens" et affaiblit la démocratie, a-t-elle jugé.

"Il fallait donc agir pour inverser cette tendance et ce dans un délai de temps court, puisque par tradition républicaine, le mode de scrutin n'est pas modifié dans les douze mois précédant une élection", a-t-elle poursuivi.

Sur les nouvelles règles controversées de répartition du temps de parole pour la campagne audiovisuelle officielle, Mme Gourault a affirmé que, sans modifications, "nous aurions laissé perdurer un système producteur d'injustice". Elle a indiqué que le gouvernement avait sollicité le CSA pour des estimations, qui seront fournies "dans les meilleurs délais".

Au-delà de ces mesures, le projet de loi ouvre "une belle perspective", a-t-elle vanté, évoquant "l'élection de certains parlementaires européens sur des listes transnationales dans le cas d'une circonscription européenne unique". "Le gouvernement a pris acte" du rejet de ce principe par le Parlement européen le 7 février, mais "continuera à défendre cette idée" soutenue par Emmanuel Macron, a ajouté la ministre.

Les élus LR Pierre-Henri Dumont et Guillaume Larrivé, qui plaident pour des circonscriptions correspondant aux régions actuelles, ont ensuite défendu en vain des motions de rejet et de renvoi en commission.

M. Larrivé a dénoncé un texte qui "exprime la volonté du Prince, mais n'est guidé par aucun motif d'intérêt général" et M. Dumont a jugé qu'il vise à "aider, grâce à un tripatouillage électoral, le parti présidentiel En marche à obtenir le plus d'élus possible au Parlement européen".

Mme Gourault a dénoncé en retour une vision qui "ne vise pas à renforcer la démocratie européenne", déplorant un ton qui "laisse parfois un peu à désirer" par rapport aux institutions et au chef de l'État.

Le rapporteur Alain Tourret (LREM) a, lui, estimé que les attaques de M. Larrivé et "M. Larrivé junior" visant essentiellement Emmanuel Macron, donnent "l'impression que vous n'avez toujours pas admis qu'il est président".

Quant à l'Insoumis Jean-Luc Mélenchon, il a ironisé sur le "grand réconfort" d'entendre ces élus critiquer la liste unique "inventée par Giscard" et "qualifier de régime monarchique la Ve République".

Il a aussi fustigé leur "sempiternelle récitation" sur les territoires, lançant: "si vous voulez des gens accrochés à leur territoire, élisez des moules ou des bigorneaux!".

 
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